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FINISTERE
mardi 29 août 2006
 
Des toiles exposées aux vents de Pont-Aven
 

Land art. Déployées, les voiles de tulle de John Melvin jouent des ombreset lumières de l'Aven. Et s'exposent aux avis des promeneurs.

 

« Ils mettent le linge à sécher · » Ou encore : « Ils n'auraient pas pu faire ça ailleurs · » Pont-Aven ne peut empêcher quelques grincheux de trouver déplacée l'exposition de John K. Melvin. Car elle s'impose dans le paysage, avec son côté monumental. Ceux qui « font » Pont-Aven au pas de course ont peu de chance d'apprécier, car il faut prendre le temps de s'arrêter pour rêver. Et se laisser bercer. La ville s'est mise en tenue d'été. Faite de transparences qui jouent dans les airs et survolent l'Aven.

S'il est un lieu en Bretagne où un tel projet de land art méritait de voir le jour, c'est bien à Pont-Aven. Qui démontre qu'il y a place pour l'art contemporain dans la cité de Gauguin. Regard renouvelé sur des paysages bien connus et célébrés en leur temps par des artistes eux aussi novateurs et qui dérangeaient également quelque peu les habitudes.

En contrepoint des détracteurs, on trouve d'ailleurs nombre de visiteurs qui y ont trouvé « une nouvelle émotion ». Et qui le disent ou qui l'écrivent.

Au départ, Melvin est graveur. Et dans l'exposition que le centre international d'art contemporain (Ciac) lui consacre en parallèle, on trouve comme des esquisses des trente formes géométriques installées au-dessus de la rivière ou dans le bois d'Amour. Pendant des mois, l'artiste américain a étudié les lieux, pour imaginer comment y intégrer son oeuvre. il lui a fallu obtenir l'autorisation des riverains, eux-mêmes propriétaires de la moitié du lit de la rivière.

C'est bien un travail d'artiste où les perspectives des enfilades de toiles qui se gonflent et jouent au vent, reflétant les lumières et s'appropriant les ombres bougeantes de l'Aven, ne sont pas laissées au hasard. « A tel point, raconte Gwen Pacallet, du Ciac, que sur les cinquante demandes, deux n'ont pu aboutir. John a dû revoir son projet dans les deux cas ».

Avant notre oeil, c'est le sien qui a déterminé les cadres, les emplacements où installer ses filtres diaphanes. Certains se reflètent dans l'eau. D'autres font comme des lambeaux de brume sur la rivière. Se prêtent aux contre-jours. Quelques minutes plus tard, la perception des choses change. Art de l'éphémère.

Ceux qui ne se posent pas de questions, ce sont les enfants qui, d'emblée, entrent dans la démarche. Sorte de jeu de piste où l'imaginaire se mêle au réel. Cécile Rogel, coordinatrice de l'Aven Project, Céline Costiou, diplômée en arts plastiques, et Clara Hémon, étudiante à l'école du Louvre, se sont tenues à la disposition des promeneurs pour leur expliquer le pourquoi du comment. Un guide gratuit était distribué.

Du coup, les visiteurs se détendent. « On a beaucoup communiqué autour du projet, et on a eu beaucoup de retours favorables ». Certains poussant même jusqu'à la rue de la Belle-Angèle pour voir l'expo consacrée à l'artiste.

 

Gildas LE BOZEC.

Aven Project, à Pont-Aven jusqu'au 4 septembre. Et quelques jours supplémentaires pour permettre aux profs d'arts plastiques d'y emmener leurs élèves.

 
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