Land art. Déployées,
les voiles de tulle
de John Melvin
jouent des ombreset
lumières de l'Aven.
Et s'exposent aux
avis des promeneurs.
« Ils
mettent le linge à
sécher · »
Ou encore : « Ils
n'auraient pas pu
faire ça ailleurs · »
Pont-Aven ne
peut empêcher
quelques grincheux
de trouver déplacée
l'exposition de John
K. Melvin. Car elle
s'impose dans le
paysage, avec son
côté monumental.
Ceux qui « font »
Pont-Aven au pas de
course ont peu de
chance d'apprécier,
car il faut prendre
le temps de
s'arrêter pour rêver.
Et se laisser bercer.
La ville s'est mise
en tenue d'été.
Faite de
transparences qui
jouent dans les airs
et survolent l'Aven.
S'il est un lieu en
Bretagne où un tel
projet de land art
méritait de voir le
jour, c'est bien à
Pont-Aven. Qui
démontre qu'il y a
place pour l'art
contemporain dans la
cité de Gauguin.
Regard renouvelé sur
des paysages bien
connus et célébrés
en leur temps par
des artistes eux
aussi novateurs et
qui dérangeaient
également quelque
peu les habitudes.
En contrepoint des
détracteurs, on
trouve d'ailleurs
nombre de visiteurs
qui y ont trouvé
« une
nouvelle émotion ».
Et qui le disent
ou qui l'écrivent.
Au départ, Melvin
est graveur. Et dans
l'exposition que le
centre international
d'art contemporain (Ciac)
lui consacre en
parallèle, on trouve
comme des esquisses
des trente formes
géométriques
installées au-dessus
de la rivière ou
dans le bois d'Amour.
Pendant des mois,
l'artiste américain
a étudié les lieux,
pour imaginer
comment y intégrer
son oeuvre. il lui a
fallu obtenir
l'autorisation des
riverains, eux-mêmes
propriétaires de la
moitié du lit de la
rivière.
C'est bien un
travail d'artiste où
les perspectives des
enfilades de toiles
qui se gonflent et
jouent au vent,
reflétant les
lumières et
s'appropriant les
ombres bougeantes de
l'Aven, ne sont pas
laissées au hasard.
« A tel
point, raconte
Gwen Pacallet, du
Ciac, que sur les
cinquante demandes,
deux n'ont pu
aboutir. John a dû
revoir son projet
dans les deux cas ».
Avant notre oeil,
c'est le sien qui a
déterminé les
cadres, les
emplacements où
installer ses
filtres diaphanes.
Certains se
reflètent dans l'eau.
D'autres font comme
des lambeaux de
brume sur la rivière.
Se prêtent aux
contre-jours.
Quelques minutes
plus tard, la
perception des
choses change. Art
de l'éphémère.
Ceux qui ne se
posent pas de
questions, ce sont
les enfants qui,
d'emblée, entrent
dans la démarche.
Sorte de jeu de
piste où
l'imaginaire se mêle
au réel. Cécile
Rogel, coordinatrice
de l'Aven Project,
Céline Costiou,
diplômée en arts
plastiques, et Clara
Hémon, étudiante à
l'école du Louvre,
se sont tenues à la
disposition des
promeneurs pour leur
expliquer le
pourquoi du comment.
Un guide gratuit
était distribué.
Du coup, les
visiteurs se
détendent. « On
a beaucoup
communiqué autour du
projet, et on a eu
beaucoup de retours
favorables ».
Certains
poussant même
jusqu'à la rue de la
Belle-Angèle pour
voir l'expo
consacrée à
l'artiste.
Gildas LE BOZEC.
Aven Project,
à Pont-Aven jusqu'au
4 septembre. Et
quelques jours
supplémentaires pour
permettre aux profs
d'arts plastiques
d'y emmener leurs
élèves.